Après cinq années d'existence, GMA Essentialis n'aura pas résisté à l'épreuve du temps. Réunis en assemblée générale extraordinaire le 24 septembre, les associés de la SCPI ont voté sa dissolution anticipée, sur proposition de sa société de gestion, Greenman Arth (GMA), filiale du groupe irlandais Greenman. Ce véhicule d'investissement n'aura jamais vraiment su s'imposer sur le marché.
Positionnée sur une thématique en apparence rassurante, l'immobilier lié à la distribution alimentaire en France et en Allemagne n'aura finalement pas réussi à séduire suffisamment d'épargnants pour s'ancrer durablement. Avec seulement 45 millions d'euros de capitalisation et 969 associés au terme de cinq années d'activité, son avenir semblait déjà scellé. Signe de cette fragilité, plus d’un tiers de ses parts, soit 34% fin juillet, étaient en attente de retrait.
Quel avenir pour les investisseurs ?
Pour ses associés, la dissolution sonne le début d'une attente qui s'annonce longue. La SCPI devient liquidatrice. Elle doit désormais céder, l'un après l'autre, les 14 actifs de son portefeuille, éponger ses dettes, puis clore les litiges encore ouverts, avant de pouvoir songer à restituer aux porteurs de parts. Un chemin qui pourrait s'étirer sur plusieurs années, selon la rapidité avec laquelle les immeubles trouveront preneur.
Dans le cas de GMA Essentialis, aucun dividende ne viendra adoucir cette longue traversée du désert : la distribution a déjà été suspendue en ce début d’année 2026. Les associés devront donc avancer sans revenu jusqu'au terme du processus. Quant à la somme qu'ils pourront espérer récupérer, elle demeure, pour l'heure, enveloppée d'incertitudes.
Car la valeur de retrait n’est désormais plus la référence n’est plus celle que peuvent espérer récupérer les associés. Ils devront dorénavant se référer à la valeur de réalisation. Contrairement à la valeur de retrait, qui correspond au prix de souscription diminué des frais de souscription, la valeur de réalisation repose uniquement sur la valeur vénale du patrimoine de la SCPI.
Un changement de référence loin d’être anodin pour les associés. Car, la dernière valeur de réalisation communiquée, au 31 juillet 2026, s'établissait à 167,37 € par part, contre une valeur de retrait de 185,40 euros depuis juillet 2024. Un écart qui frôle les 9,72% et qui pourrait encore se creuser selon les prix auxquels les immeubles seront finalement cédés : une vente menée dans l'urgence tend généralement à tirer les prix vers le bas, au détriment de ceux qui attendent au bout de la chaîne.
Deux dossiers en cours pourraient néanmoins apporter un peu de répit. D'un côté, Greenman Arth s'est engagée à rembourser à la SCPI plus de 694 000 € de commissions liées à un projet d'acquisition de trois actifs en Allemagne, finalement abandonné en cours de route. De l'autre, environ 1,13 million d'euros reste bloqué sous forme de dépôt séquestré, une somme gelée dans l'attente d'une décision du tribunal judiciaire de Paris, qui doit déterminer à qui doit finalement revenir ce montant. Si ces sommes venaient à être récupérées, elles gonfleraient le solde final destiné aux associés. Mais le chemin inverse reste tout aussi possible : tout nouveau coût, toute vente bradée, et c'est ce même solde qui s'amenuiserait encore. Difficile, dans ces conditions, d'avancer dès aujourd'hui un chiffre définitif.
Des performances en retrait par rapport aux SCPI lancées la même année
Avec 14 actifs à son actif, dont 8 supermarchés Carrefour en France, GMA Essentialis n'était pourtant pas partie de rien. Mais face aux autres SCPI nées la même année, elle a fini par faire pâle figure. À la fin du mois de juin 2026, sa capitalisation ne dépassait pas 45 millions d'euros.
L'écart se creuse encore davantage face aux meilleurs élèves de cette promotion 2021. Epsicap Nano affichait 300 millions d'euros dernièrement, AEW Diversification Allemagne 235 millions, Cœur d'Europe 275 millions et LF Avenir Santé 277 millions. En tête, Sofidy Europe Invest et Cristal Life, parmi les meilleures SCPI du marché, dépassent les 420 millions d'euros. C'est près de dix fois GMA Essentialis. Un tel décalage raconte, à lui seul, l'histoire d'une SCPI restée à quai pendant que ses concurrentes prenaient le large.
Titulaire d’une licence d’histoire à Paris 1 Panthéon Sorbonne, elle démarre sa carrière de journaliste et rejoint les équipes de France SCPI en tant que rédactrice Web SEO, et ce, pour valider un master à l’ISFJ - l’Institut Supérieur de...
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