Patrimoine improductif : que prépare l’État pour le taxer ?

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Par
Rubens Zadel
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Le patrimoine improductif désigne l’ensemble des actifs détenus qui ne génèrent pas de revenus directs et que l’État pourrait considérer comme insuffisamment contributifs à l’économie réelle. Remis sur le devant de la scène à l’occasion du projet de loi de finances 2026, il s’impose désormais au cœur du débat fiscal. Logements vacants, liquidités peu mobilisées, placements financiers, ces éléments patrimoniaux sont dans le viseur du gouvernement et directement concernés par les réflexions actuelles sur la fiscalité. France SCPI fait le point.

💡 Ce que vous devez retenir de la loi de finances 2026 sur le patrimoine improductif
  • Le patrimoine improductif désigne l’ensemble des actifs que l’État juge insuffisamment contributifs au financement de l’économie réelle.
  • Le patrimoine improductif pourrait inclure le patrimoine immobilier, certains produits financiers, les actifs numériques ainsi que des biens alternatifs comme les montres de luxe ou les œuvres d’art.
  • Le projet de loi de finances 2026 suscite des critiques, notamment parce qu’il assimile le fonds euro à un actif improductif. Pourtant, celui-ci est majoritairement composé d’obligations qui participent au financement de la dette souveraine.
  • Les SCPI ne sont pas concernées par cette évolution et restent classées parmi les supports considérés comme productifs.
Patrimoine improductif : que prépare l’État pour le taxer ?

Alors que l’État cherche de nouvelles sources de financement pour répondre à un déficit budgétaire record en 2026, le débat sur le patrimoine improductif refait surface. Dans un environnement où les finances publiques sont scrutées de près, l’utilisation du capital privé s’invite à nouveau dans les discussions économiques et dans l’espace public.

Encore en réflexion, une piste sort du lot : faire évoluer l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) vers un impôt visant la fortune dite improductive. Reposant essentiellement sur le patrimoine immobilier, le dispositif pourrait s’étendre à un ensemble d’actifs considérés par l’Etat comme « dormants » et non contributifs à l'économie réelle.

Si cette évolution devait voir le jour, elle transformerait en profondeur l’approche patrimoniale, en élargissant l’attention portée sur l’ensemble des actifs et sur leur utilisation. Une perspective susceptible donc d’influencer les arbitrages et les stratégies d’investissement.

Quel changement avec la loi actuelle ?

Si la distinction entre capital productif et capital improductif a déjà été évoquée dans les années 1980, le droit fiscal français ne reconnaît aucune catégorie officielle dans laquelle rentrerait les actifs improductifs.

Le traitement fiscal repose jusqu’ici autour de l’IFI, instauré en 2018 en remplacement de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), et vise exclusivement les patrimoines immobiliers dont la valeur nette excède 1,3 million d’euros.

Avec la loi de finances 2026, adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture et actuellement en discussion, la notion de patrimoine improductif refait surface. Elle apparaît désormais de manière plus formalisée et désignerait les biens et placements qui ne génèrent pas directement de valeur ajoutée et dont la contribution à l’économie serait jugée insuffisante.

Le texte prévoit ainsi l’application d’un taux unique de 1% sur la valeur nette des actifs ainsi qualifiés. Il mettrait fin au barème progressif actuellement en vigueur pour l’IFI et conserverait le seuil d’imposition à partir d'1,3 million d’euros.

Qu’est-ce que le patrimoine improductif ?

Cantonné jusqu’ici au foncier, le périmètre du patrimoine dit improductif pourrait donc s’appliquer à d’autres classes d’actifs avec un cadre plus strict. L’analyse s’attacherait alors sur son utilisation et sa capacité à soutenir l’activité économique dite réelle. Seraient considérés comme improductifs, les actifs suivants :

  • Le patrimoine immobilier : Sont notamment concernés les terrains constructibles conservés sans projet de développement, les logements durablement vacants ainsi que les résidences secondaires inoccupées une grande partie de l’année.
  • Les biens alternatifs : Œuvres d’art, voitures de collection, joaillerie ou objets de prestige pourraient également entrer dans cette catégorie. Même si leur valeur peut évoluer, ils relèvent principalement d’un plaisir de détention.
  • Les actifs numériques : Les cryptomonnaies sont également évoquées, leur détention étant souvent perçue comme spéculative plutôt que directement contributive à l’économie productive.
  • Certains produits financiers : Liquidités conservées sur des comptes courants, comptes à terme ou encore certains livrets bancaires pourraient être considérés comme des capitaux « dormants ». À cette liste s’ajouterait également le fonds en euros des contrats d’assurance vie. Une évolution qui peut surprendre, dans la mesure où ce support est majoritairement investi en titres obligataires et qui contribuent à la souveraineté nationale.

La parade : transformer son patrimoine improductif en patrimoine productif

Avec une pression fiscale qui se renforce et une rémunération qui s’érode, il devient pertinent de réorienter une partie de son patrimoine vers des actifs considérés comme productifs au regard de la législation envisagée. Détenir un bien sans l’exploiter pleinement ou conserver des capitaux peu mobilisés n’est en effet plus totalement neutre.

C’est précisément dans ce cas que l’investissement locatif indirect, notamment à travers les SCPI, trouve sa place. La fiscalité des SCPI dépend de la localisation des actifs détenues. Certaines sociétés de gestion ont donc fait le choix d’investir en dehors des frontières françaises, permettant, grâce aux conventions fiscales applicables, de bénéficier d’un cadre d’imposition plus favorable.

Au-delà de cet avantage fiscal, les SCPI permettent également de s’affranchir des contraintes propres à l’investissement locatif en direct. L’administration des biens est intégralement déléguée à une société de gestion réglementée et l’investisseur n’a plus qu’à percevoir des revenus issus d’un parc immobilier diversifié, sans avoir à en assurer le pilotage opérationnel.

Les SCPI présentent de plus un profil de risque qualifié de modéré, positionné généralement à 3 sur 7 sur l’échelle réglementaire SRI (indicateur synthétique de risque). Elles se situent ainsi entre les placements sécurisés et les actifs plus volatils, tout en conservant un risque de perte en capital. En 2025, leur taux de distribution (TD) moyen s’établit à 4,91% tandis que celui du fonds euro s’élève à 2,65% sur la même période.

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Rubens Zadel
Article écrit par Rubens ZADEL Responsable contenu éditorial Linkedin

Titulaire d'un Bachelor en Journalisme à l'ISCPA Lyon, il se constitue une expérience auprès de différents médias comme Lyon Capitale, Jerusalem Post ou La Manche Libre. Il intègre France SCPI en tant que Rédacteur web avant de devenir Responsable contenu...

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