Patrimoine improductif : que prépare l’État pour le taxer ?

Score : 4.9/5
Trustpilot Logo
Par
Rubens Zadel
Temps de lecture
3 min
Dernière mise à jour
le

Le patrimoine improductif désigne l’ensemble des actifs détenus qui ne génèrent pas de revenus directs et que l’État pourrait considérer comme insuffisamment contributifs à l’économie réelle. Remis sur le devant de la scène à l’occasion du projet de loi de finances 2026, il s’impose désormais au cœur du débat fiscal. Logements vacants, liquidités peu mobilisées, placements financiers, ces éléments patrimoniaux sont dans le viseur du gouvernement et directement concernés par les réflexions actuelles sur la fiscalité. France SCPI fait le point.

💡 Ce que vous devez retenir de la loi de finances 2026 sur le patrimoine improductif
  • Le patrimoine improductif désigne l’ensemble des actifs que l’État juge insuffisamment contributifs au financement de l’économie réelle.
  • Le patrimoine improductif pourrait inclure le patrimoine immobilier, certains produits financiers, les actifs numériques ainsi que des biens alternatifs comme les montres de luxe ou les œuvres d’art.
  • Le projet de loi de finances 2026 suscite des critiques, notamment parce qu’il assimile le fonds euro à un actif improductif. Pourtant, celui-ci est majoritairement composé d’obligations qui participent au financement de la dette souveraine.
  • Les SCPI ne sont pas concernées par cette évolution et restent classées parmi les supports considérés comme productifs.
Patrimoine improductif : que prépare l’État pour le taxer ?

Alors que l’État cherche de nouvelles sources de financement pour répondre à un déficit budgétaire record en 2026, le débat sur le patrimoine improductif refait surface. Dans un environnement où les finances publiques sont scrutées de près, l’utilisation du capital privé s’invite à nouveau dans les discussions économiques et dans l’espace public.

Encore en réflexion, une piste sort du lot : faire évoluer l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) vers un impôt visant la fortune dite improductive. Reposant essentiellement sur le patrimoine immobilier, le dispositif pourrait s’étendre à un ensemble d’actifs considérés par l’Etat comme « dormants » et non contributifs à l'économie réelle.

Si cette évolution devait voir le jour, elle transformerait en profondeur l’approche patrimoniale, en élargissant l’attention portée sur l’ensemble des actifs et sur leur utilisation. Une perspective susceptible donc d’influencer les arbitrages et les stratégies d’investissement.

Quel changement avec la loi actuelle ?

Si la distinction entre capital productif et capital improductif a déjà été évoquée dans les années 1980, le droit fiscal français ne reconnaît aucune catégorie officielle dans laquelle rentrerait les actifs improductifs.

Le traitement fiscal repose jusqu’ici autour de l’IFI, instauré en 2018 en remplacement de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune), et vise exclusivement les patrimoines immobiliers dont la valeur nette excède 1,3 million d’euros.

Avec la loi de finances 2026, adoptée par l’Assemblée nationale en première lecture et actuellement en discussion, la notion de patrimoine improductif refait surface. Elle apparaît désormais de manière plus formalisée et désignerait les biens et placements qui ne génèrent pas directement de valeur ajoutée et dont la contribution à l’économie serait jugée insuffisante.

Le texte prévoit ainsi l’application d’un taux unique de 1% sur la valeur nette des actifs ainsi qualifiés. Il mettrait fin au barème progressif actuellement en vigueur pour l’IFI et conserverait le seuil d’imposition à partir d'1,3 million d’euros.

Qu’est-ce que le patrimoine improductif ?

Cantonné jusqu’ici au foncier, le périmètre du patrimoine dit improductif pourrait donc s’appliquer à d’autres classes d’actifs avec un cadre plus strict. L’analyse s’attacherait alors sur son utilisation et sa capacité à soutenir l’activité économique dite réelle. Seraient considérés comme improductifs, les actifs suivants :

  • Le patrimoine immobilier : Sont notamment concernés les terrains constructibles conservés sans projet de développement, les logements durablement vacants ainsi que les résidences secondaires inoccupées une grande partie de l’année.
  • Les biens alternatifs : Œuvres d’art, voitures de collection, joaillerie ou objets de prestige pourraient également entrer dans cette catégorie. Même si leur valeur peut évoluer, ils relèvent principalement d’un plaisir de détention.
  • Les actifs numériques : Les cryptomonnaies sont également évoquées, leur détention étant souvent perçue comme spéculative plutôt que directement contributive à l’économie productive.
  • Certains produits financiers : Liquidités conservées sur des comptes courants, comptes à terme ou encore certains livrets bancaires pourraient être considérés comme des capitaux « dormants ». À cette liste s’ajouterait également le fonds en euros des contrats d’assurance vie. Une évolution qui peut surprendre, dans la mesure où ce support est majoritairement investi en titres obligataires et qui contribuent à la souveraineté nationale.

La parade : transformer son patrimoine improductif en patrimoine productif

Avec une pression fiscale qui se renforce et une rémunération qui s’érode, il devient pertinent de réorienter une partie de son patrimoine vers des actifs considérés comme productifs au regard de la législation envisagée. Détenir un bien sans l’exploiter pleinement ou conserver des capitaux peu mobilisés n’est en effet plus totalement neutre.

C’est précisément dans ce cas que l’investissement locatif indirect, notamment à travers les SCPI, trouve sa place. La fiscalité des SCPI dépend de la localisation des actifs détenues. Certaines sociétés de gestion ont donc fait le choix d’investir en dehors des frontières françaises, permettant, grâce aux conventions fiscales applicables, de bénéficier d’un cadre d’imposition plus favorable.

Au-delà de cet avantage fiscal, les SCPI permettent également de s’affranchir des contraintes propres à l’investissement locatif en direct. L’administration des biens est intégralement déléguée à une société de gestion réglementée et l’investisseur n’a plus qu’à percevoir des revenus issus d’un parc immobilier diversifié, sans avoir à en assurer le pilotage opérationnel.

Les SCPI présentent de plus un profil de risque qualifié de modéré, positionné généralement à 3 sur 7 sur l’échelle réglementaire SRI (indicateur synthétique de risque). Elles se situent ainsi entre les placements sécurisés et les actifs plus volatils, tout en conservant un risque de perte en capital. En 2025, leur taux de distribution (TD) moyen s’établit à 4,91% tandis que celui du fonds euro s’élève à 2,65% sur la même période.

Échangez avec un conseiller

Prenez rdv sur le créneau qui vous convient.
Soyez accompagné pour être sûr de votre choix

Rubens Zadel
Article écrit par Rubens ZADEL Responsable contenu éditorial Linkedin

Titulaire d'un Bachelor en Journalisme à l'ISCPA Lyon, il se constitue une expérience auprès de différents médias comme Lyon Capitale, Jerusalem Post ou La Manche Libre. Il intègre France SCPI en tant que Rédacteur web avant de devenir Responsable contenu...

Tous ses articles

Quelques questions fréquentes

Voir plus de questions
  • Groupement Forestier : Pourquoi y investir en 2025 ?

    Le Groupement Forestier ou GF est un fonds d'investissement spécialisé dans la possession et la gestion de forêts et de terrains boisés. En alliant objectifs financiers et engageme...

  • Les différents frais de l'assurance vie

    Les frais associés à un contrat d'assurance vie sont des éléments clés à considérer avant la souscription. On retrouve donc les frais d’entrée, les frais de gestion, les frais d'ar...

  • Pourquoi investir sur la SCPI de la Société Générale ?

    Acteur majeur de la scène bancaire française, la Société Générale élargit son offre aux investissements immobiliers. Mais quels sont les avantages d’un investissement dans la SCPI...

  • Le télétravail annonce-t-il la mort des bureaux ?

    Le télétravail annonce-t-il la fin des bureaux tels que nous les connaissons aujourd'hui ? Tout le monde se demande si les SCPI de bureaux vont pouvoir se réinventer en même temps...

  • Quelles sont les différences entre SCPI et OPCI ?

    Les OPCI et SCPI sont des instruments financiers qui permettent d’investir dans l’immobilier de manière indirecte. Si les acronymes sont quasiment identiques, l’objet et le domaine...

  • Investir dans des espaces de coworking en SCPI

    Depuis plusieurs années, les lieux de travail se sont adaptés aux besoins du marché et ont fait naître des espaces collectifs, dits de coworking. La mutation vers une ère plus mode...

  • Tout comprendre sur la baisse des SCPI

    Face à la baisse de certaines SCPI, de nombreux épargnants expriment leur inquiétude quant à la solidité de ce type de placement immobilier. Les SCPI, considérées comme un produit...

  • Toutes les SCPI la Banque Postale

    Comme d’autres établissements financiers, la Banque Postale propose à ses clients d’investir dans les SCPI. L’offre SCPI au sein de la Banque Postale reste néanmoins restreinte par...

  • Les US Person peuvent-elles investir en SCPI ?

    Depuis la loi FATCA entrée en vigueur en 2014, les sociétés de gestion de SCPI sont soumises à des déclarations administratives supplémentaires pour leurs associés considérés comme...